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Souce du blogs.mediapart.fr

À Marseille, sur la Canebière, la Maison de la Région Provence Côte d’Azur a été pendant deux jours, les 13 et 14 septembre dernier, le palais de bon goût et des élégances… sans défrisage chimique, sans soude ni hydroquinone, sans blanchiment de la peau, sans picotement et sans brûlure ! L’événement, porté par le Rap – Réseau Actif Panafricain, est inspiré de la tendance afro-américaine Nappy – Natural and Happy. « Une grande première à Marseille et dans la région Paca » a souligné Gentiane Piovanacci, directrice fondatrice de l’Agence de Communication Interculturelle Worldmundo. Lors des conférences et des projections de documentaires, les intervenants ont dénoncé les méthodes dangereuses et promu les bonnes pratiques dermo-capillaires. Les débats ont montré un public très réceptif et connaisseur. Beaucoup de participants avaient emmené leurs enfants. Un superbe défilé de mode a clôturé ces deux journées, marquées par une forte présence des Marseillais d’origine africaine et afro-caribéenne.

Pourquoi les femmes noires ou maghrébines se défrisent-elles les cheveux, pourquoi le cheveu crépu jouit-il d’une si mauvaise réputation ? Autant d’interrogations qui ont poussé Nadia Khajij à sonder sa propre approche sur ces questions. Et l’ont incité à écrire un livre qui fait aujourd’hui référence : « Back to Natural ».
Venue tout droit de sa Lorraine natale où elle réside, l’auteure a témoigné devant le public de l’auditorium de la Région Paca des étapes de sa « transition », entamée en 2009, pour mettre fin à 15 années de gestes répétitifs qui, de défrisages en extensions, détérioraient inexorablement sa chevelure, son moral… et son porte-monnaie.
Elle a longuement évoqué cette phase de transition, un passage obligé, « chargé d’émotions, de questionnements », qui a bouleversé sa manière de penser et d’agir puisque les cheveux étaient au centre de son attention dès son plus jeune âge (notre compatriote Nadia Khajij est d’origine marocaine). Une véritable phase de désintoxication ! Et de formation aux bonnes pratiques qu’elle a fait partager au public de l’auditorium de la Maison de la Région.
L’auteure Nadia Khajij lors de sa conférence aux 1ères Massalia Nappy Days

Dangereux pour la santé et le porte-monnaie
« Les traditions familiales, les diktats de la beauté, diffusés par le monde artistique, la multiplication des signaux publicitaires renvoient une image tronquée de la femme et incitent à des pratiques dangereuses pour la santé et les finances.» Illustrant ses propos avec powerpoint, Nadia Khajij a projeté sur le grand écran de l’auditorium un résumé de l’article de L’American Journal of Epidemiology (2012), « mettant les défrisants au banc des accusés pour les fibromes, la puberté précoce et les problèmes urinaires. »
« D’après l’A-Ka (agence de marketing ethnique), les consommatrices d’origine africaine, maghébine ou métissées consomment 9 fois plus de produites cosmétiques que les françaises ayant la peau blanche. Sur un panel de femmes afro-françaises de plus de 15 ans, la dépense moyenne en produits capillaires est de 26, 55 euros par mois, soit 318,60 euros à l’année contre 41 euros pour la moyenne nationale ! »
Nadia Khajij avoue avoir consacré à sa chevelure 460 euros en moyenne par an (650 euros les 17 derniers mois de sa dépendance). Aujourd’hui, elle est dans la moyenne nationale mais avec des produits d’excellentes qualité. Elle utilise 5 accessoires dont le fameux peigne africain, parfaitement adapté à la coiffure des cheveux crépus.

Les extravagances capillaires de Rihanna
Selon le site Pure/Trend, « l’artiste Rihanna dépense 16 000 $ par semaine pour sa coiffure. Le prix d’une Twingo ! » Le site doctissimo.fr recense toutes ses extravagances capillaires. « Depuis 2005, Rihanna a changé pas moins de 90 fois de coiffure. » On peut parier que ses admiratrices en ont adapté plus d’une. On comprend l’intérêt des marchands pour la chevelure (et la peau) de la gente féminine. Notamment celles de nos compatriotes issues de la diversité, pour lesquelles, c’est du moins l’avis du public de l’auditorium, « les cheveux défrisés et la peau claire sont synonymes d’adhésion au modèle social dominant, celui de l’Occident… » Un modèle qui, semble-t-il, commence à évoluer avec la mondialisation même si les Chinoises des villes se font débrider les yeux et se protègent du soleil « pour ne pas être confondues avec les paysannes de leur pays »
À tout le moins, Nadia Khajij est la preuve-même qu’à l’aide de quelques produits naturels et peu coûteux, une femme peut être très séduisante avec sa chevelure crépue, naturelle, abondante et bien entretenue.. Aussi belle que Rihanna et sans aucun artifice !

 

 

Défilé de mode pour l’événement Massalia Nappy days 2014 MARSEILLE

 

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